UN VRAI FAUX BEL ARTICLE D’UN GMP

Publié le par Socrate

L’article « Un vrai faux bel article d’un GMP et notre réponse » a été publié le 10 juin sur le Myosotis Neuilly Bineau.

 

 

Nous reproduisons ici l’article intitulé « Libre propos : et l’initiation dans tout cela ? » publié le 3 juin sur le blog GLNF par Alain Cano, GMP de Guyenne & Gascogne, suivi par notre réponse. Nous avons souligné en rouge les termes ou phrases sur lesquels nous répondrons.

 

 

Mes Frères de la GLNF,  n’est-il pas temps d’apprendre ou ré-apprendre la Communication ?

Dominique WOLTON, directeur de l’Institut des Sciences de la communication au CNRS écrit :

« L’information, c’est le message ; la communication, c’est la relation, beaucoup plus complexe. »

Il apparaît au grand jour depuis maintenant 6 mois au sein de notre « mère initiatique » à laquelle nous sommes tellement attachés, que nous avons perdu de vue ce qui fonde, entre autres,  notre démarche au sein de l’Ordre : la posture initiatique du respect de l’Altérité.

Gilles DELEUZE écrit :

«  Nous ne souffrons pas d’incommunication, mais au contraire de toutes les forces qui nous obligent à nous exprimer quand nous n’avons pas grand-chose à dire. (…) les forces de répression n’empêchent (plus) les gens de s’exprimer, elles les forcent à s’exprimer. (…). Créer n’est pas communiquer, c’est résister.

Mes Frères, pour nous qui avons travaillé sur le banc du Nord au silence intérieur qui n’enjoint pas de se taire mais d’écouter afin de permettre le dialogue en soi et avec l’Autre, son frère, que reste-t-il de ce moment avec la profusion d’une « communication pléthorique, souvent abusive voire parfois violente » qui alimente, inonde les « blogs » ?

Qu’est ce qui fait que nous n’arrivons plus à résister à la force d’aspiration centrifuge que sont les « événements » ? que nous n’avons plus ce regard initiatique qui nous permette de cohabiter et de vivre vraiment ce dont souvent, nous Francs-Maçons, parlons, savoir la Tolérance , dont on sait qu’elle résulte précisément de l’expérience que l’on fait de l’altérité ?

N’y a-t-il pas matière dans ce moment de crise, qui recèle une part de vérité à découvrir, à éprouver la solidité et l’efficacité de notre cheminement spirituel et notre ordre intérieur ?

Il m’apparaît que l’enjeu de protéger la GLNF c’est-à-dire nous tous mes Frères,  d’une « implosion » passe par un surcroît de travail personnel au sein des Loges afin de colmater nos propres fissures et rompre avec cette attitude facile de la désignation du bouc émissaire.

Et s’il n’est nullement question de nier la réalité de ce que nous vivons, de rejeter ou réfuter les questions, les inquiétudes, nos indécisions par rapport à nous mêmes qui s’expriment, de même que la nécessité de mesures de rénovation pour « notre maison » comment ne pas voir aussi que c’est en interrogeant nos motivations de base et nous recentrant sur notre Initiation que nous retrouverons, avec nos Frères, le chemin éclairé par l’Etoile.

On vit, encore avec plus d’acuité depuis 6 mois, que la communication n’est pas une pratique naturelle, et qu’elle consiste en l’apprentissage de la cohabitation dans un monde d’information où la question de l’altérité, j’y reviens, devient centrale. Mais pour nous, travailleurs de l’initiatique, à la Gloire du Grand Architecte de l’Univers, n’avons-nous reçu de nos Anciens cet enseignement plein de sagesse, à savoir que dans la Chaîne d’union, c’est  l’intensité de l’énergie du maillon le plus faible qui doit faire l’objet de toute notre attention ?

Mes Frères, l’épreuve est là. C’est ensemble que nous devons la surmonter, fidèles à la Règle en 12 points. Et si MONTAIGNE dit « C’est une belle harmonie quand le dire et le faire vont ensemble », faisons un acte d’espérance de ce qui est demandé à la fin de la cérémonie d’initiation d’un rite pratiqué à la GLNF

« Que rentrés dans le monde profane, on reconnaisse à leur sagesse les vrais enfants de la Lumière ».

 

Le 3 Juin 2010.                                           T.R.F. Alain CANO

                                                        GMP de GUYENNE et GASCOGNE .

 

 

Réponse à Alain Cano, GMP de Guyenne & Gascogne

 

De la duplicité (*) du discours d’un GMP

 (*) Duplicité : disposition mauvaise qui porte à manifester des sentiments, des intentions autres que celle que l’on a réellement en vue de tromper les autres, tout comme si l’on était un double personnage.

 

Les arguments centraux développés par notre érudit et TRF A.C nous appellent au « respect de l’altérité, au dialogue en soi et avec l’autre, à la capacité à cohabiter, à l’exercice de la Tolérance. Le tout dans le respect de la Règle en 12 points. »

 

Montaigne, Dominique Wolton, et même Gilles Deleuze sont évoqués pour cautionner cet appel et nous rappeler les bienfaits de l’harmonie, les difficultés inhérentes à toute tentative de communication et pour nous prémunir du risque de « céder aux forces qui nous obligent à nous exprimer quand nous n’avons pas grand-chose à dire ».

 

Sans chercher à engager une controverse avec notre TRF A.C, son article appelle quatre commentaires :

 

L’émergence d’un nouvel ordre narratif

Dans le contexte qui nous intéresse, la communication repose sur des mots, qu’ils soient prononcés ou écrits. Les mots servent à exprimer des sensations, des sentiments, des raisonnements, des points de vue, des interrogations, des émotions, des engagements, des désirs et plus génériquement tout ce qui fait sortir l’homme de l’animalité.

 

Mais derrière les mots il y a toujours une intentionnalité de la part du locuteur. Les mots peuvent ainsi transporter la vérité lorsqu’ils traduisent la réalité mais aussi le mensonge lorsqu’ils la travestissent, lorsqu’ils ne sont plus en phase ou ne sont plus ancrés dans cette même réalité.

 

Je souhaite donc attirer l’attention de notre TRF A.C sur l’émergence au sein des instances dirigeantes de la GLNF de ce que les spécialistes de la communication appellent désormais le « Storytelling ». Dans ce nouvel ordre narratif, très développé  dans les sphères du marketing ou de la politique, le discours « raconte » l’histoire que l’on veut « vendre » à son public et cette histoire finit par ne plus témoigner de la réalité. Pour paraphraser un prologue bien connu, le discours n’est pas la réalité. Il n’est là que pour témoigner de la réalité. Or dans le Storytelling, le discours est en quelque sorte devenu autoporteur et n’a plus besoin de s’ancrer dans la réalité.

 

Le discours des dirigeants de la GLNF est ainsi devenu « une machine à raconter qui crée un univers fictif qui filtre les perceptions, stimule les affects et encadre les comportements et les pensées »(Christian Salmon –Storytelling).

 

De manière faciale les dirigeants de la GLNF, à l’image du TRF A.C dans son article,  parlent de fraternité, de respect de l’altérité, d’écoute, d’harmonie… et vont même jusqu’à verser des larmes de crocodile en ce qui concerne le premier d'entre eux! Mais force est de constater qu’ils parlent désormais, comme l’aurait dit Deleuze, « abstraitement » de la fraternité et des valeurs maçonniques. Leur discours n’est plus cohérent avec les actes constatés et dument documentés de ces mêmes dirigeants qui manient l’insulte (cf le GM lors du SGC du 4 décembre), le refus de la discussion sur le fond, l’exclusion, la dissolution, les suspensions, les menaces, les promesses non tenues et l’intolérance. Faut-il ajouter à cette liste le ton et les propos du Conseil de Discipline du 9 juin comme preuve de l’irrecevabilité des propos érudits de notre TRF A.C ?

 

Pour communiquer il faut être au moins deux

Cette trivialité fait partie du chapitre premier de tout manuel sur la communication. Pour communiquer il faut en effet deux personnes ou deux parties « désireuses » de communiquer.

Le conflit que traverse la GLNF ne se serait jamais produit si cette condition première avait été satisfaite par une écoute attentive et un débat respectueux de l’altérité pour reprendre ce terme cher à notre TRF A.C. Or depuis le 4 décembre, l’attitude des dirigeants de la GLNF se caractérise par un autisme avéré, stupéfiant et incompréhensible et c’est probablement ce qui contribue le plus à la diffusion de la colère parmi nos Frères et à l’extension de la population de « mutins »… Ah comme les mots sont révélateurs d’une volonté de dialogue !

Je ne documenterai pas ce point sur l’autisme avéré. L’expression des VM et des 1ers S le 25 mars fut pourtant tellement claire !

 

La forme et le fond

Ce sont là les deux dimensions classiques de l’analyse du discours. Le discours de notre TRF A.C est érudit, policé et cherche à nous attraper, par sa subtilité, au coin du cœur et de la raison. Mais si l’on dépasse la forme, force est de constater que le fond reprend très précisément mais sous une forme plus perverse le discours officiel de la direction de la GLNF :

*                           « Résistez aux forces qui vous obligent à vous exprimer quant vous n’avez presque rien à dire». Inutile de se cacher derrière Gilles Deleuze pour dire aux Frères qu’il serait de bon ton qu’ils se taisent et mettent leur colère justifiée sous le traversin.

*                           « Une communication parfois violente » sur les blogs histoire de jeter le discrédit sur les blogs Myosotis et d’accréditer la légende de « mutins violents aux regards remplis de haine » comme l’a exprimé monsieur Stifani à l’issue de l’AG du 25 mars. Cela évitera par ailleurs au TRF A.C d’avoir à retenir ses propres troupes sur le blog Gardiens du Temple connu pour son monde de douceur et de tolérance.

*                           « Pour éviter l’implosion de la GLNF, retournons dans nos Loges et travaillons sur nos propres fissures », cela évitera en effet de parler des vrais problèmes de la GLNF.

*                           Cessez de « désigner un bouc émissaire ». Faisons passer Monsieur Stifani pour un martyr et n’évoquons plus son illégitimité légale et morale pour occuper la fonction de Grand Maître, son non respect de la Règle en 12 points et son non respect des valeurs maçonniques qu’il bafoue à tout bout de champ. 

 

En clair le discours du petit caporal du type « Ferme ta gueule et retourne dans ta Loge ».

 

La rupture du contrat social

Tout groupe humain constitué repose sur l’existence d’un « contrat social » qui peut être explicite ou implicite. C’est cet engagement sur des valeurs partagées qui est pris lors de l’initiation. (Je rappelle pour ceux qui l’aurait éventuellement oublié que dans le Serment prononcé à cette occasion il n’y a aucune allégeance aux VM, TVF, RF, TRF, et Grands Maîtres).

 

Mes Frères me reconnaissent comme tel car ils savent que j’adhère aux mêmes valeurs et aspirations qu’eux et que je m’efforce de les mettre en pratique. Inversement, je suis en droit d’attendre en retour de tous mes Frères, sans exception et quels que soient leur grades et qualités, qu’ils respectent et mettent également en pratique ces valeurs et aspirations qui nous sont communes.

 

N’en déplaise à notre TRF A.C, l’attitude de la direction de la GLNF depuis le 4 décembre a conduit à faire éclater ce « contrat social » qui permettait de garantir l’harmonie et la fraternité, et c’est peut-être là l’élément le plus grave de toute cette affaire. Car rassembler les morceaux épars ne va pas être un petit chantier… La confiance, comme le disait Pagnol, c'est comme les allumettes, ça ne sert qu'une fois !

 

Tant que les valeurs partagées étaient, en apparence du moins, respectées, les Frères toléraient l’affairisme, les prébendes, les petits ou pas si petits avantages, etc.

 

Le conflit issu du 4 décembre a montré aux Frères que pendant des années ils avaient été dupés, que la confiance qu’ils avaient placée dans leurs dirigeants a été trahie. Du coup ce qui était toléré avant est devenu insupportable aujourd’hui. Ce sentiment de révolte est très profond, car les Frères vivent cette trahison comme un viol, et c’est ce qui voue d’ailleurs à l’échec la stratégie de pourrissement poursuivie par Monsieur Stifani et sa garde rapprochée. 

 

Désormais les Frères désirent et exigent un retour à une GLNF authentique, vertueuse et respectueuse des valeurs fondamentales dont elle se prévaut.

 

Et puisque nous parlons de désir, je renverrai pour finir notre TRF A.C à Gilles Deleuze qui décrivait très justement l’homme comme « une machine désirante ».

 

Le désir des Frères est aujourd’hui clairement exprimé, et ils veulent le départ de FS et de ses sbires. Et ils veulent la fin de ce système qui a gangréné la GLNF. Et le désir ne cesse que lorsqu’il est satisfait.

 

Pour conclure avec notre TRF A.C, il s’inscrit forcément dans l’une ou l’autre des propositions suivantes :

*                           Soit son discours est vrai, sincère mais se base alors sur une lecture erronée de la réalité de la GLNF, auquel cas il ne mérite pas sa charge de GMP,

*                           Soit sa lecture de la réalité de la GLNF est correcte et son discours est faux par essence et empreint de duplicité, auquel cas il cautionne les agissements et l’attitude si peu maçonniques de son Maître et se disqualifie vis-à-vis de ses Frères.

 

 Quant aux GMP et OP, il va falloir eux aussi qu’ils disent clairement dans quel camp ils se situent. Soit ils optent pour un discours vrai, ancré dans la réalité et constant (Cessez donc de jouer les girouettes selon l'interlocuteur auquel vous vous adressez), soit ils s’enferment dans la duplicité et dans un discours faux et vide de sens.

 

Et le temps pour se positionner vient à manquer…

 

Charité bien ordonnée commençant par soi-même, nous invitons donc notre GMP et les OP de notre chère Province de Neuilly-Bineau à donner l’exemple et à s’exprimer clairement sur deux points :

*                           Etes-vous pour ou contre le départ de FS et de sa clique ?

*                           Etes-vous pour ou contre une refondation de la GLNF et un retour à une maçonnerie traditionnelle et régulière ?

Nos colonnes vous sont grandes ouvertes. Et pour citer Montaigne rapporté par notre TRF A.C dans son article, « C’est une belle harmonie quand le dire et le faire vont ensemble »

 

Alors dites-le et démissionnez de vos fonctions.

 

Sully

 

 

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